Détails sur la réflexion (élections 2017)

Hier, j’ai publié un article sur mon choix pour ces élections, et les raisons qui m’ont poussé à le faire. J’ai reçu de nombreux commentaires ici et sur Twitter. Ils ont été dans l’ensemble très bienveillants (avec quelques exception un peu énervées, mais moins que je ne l’aurais imaginé), et certaines de nos discussions m’ont poussé à développer une présentation plus neutre de la manière dont je vois les causes et les enjeux de nos divisions. J’espère que vous apprécierez le texte, et je vous invite à continuer les conversations, ici et ailleurs !

Posons d’abord les bases du constat, pour parler ensuite des solutions qu’envisagent chacun.

D’abord donc, le constat.

On parle beaucoup de l’état catastrophique de notre pays ou du monde aujourd’hui, mais il me semble que, si les problèmes que nous avons sont bien réels (et parfois urgents), nous avons une visons souvent trop restreinte de la situation dans laquelle nous sommes.

En effet, en regardant les choses avec un peu de recul, disons sur 50 ans, il me parait assez clair que la globalisation et l’économie de marché ont eu des effets très positifs sur le monde (amis socialistes, ne partez pas, je vous jure qu’on va se retrouver au bout de l’article !). La pauvreté recule, l’alphabetisation progresse, la criminalité est en chute libre, les infrastructures se développent, nous avons un accès illimité à l’information (au sens large)… Bref, à l’échelle du monde, il est difficile de nier que les choses vont, en moyenne, beaucoup mieux. Et que ces avancées sont en grande parties dues aux avancées technologiques, et à la globalisation qui en résulte. Encore une fois, on trouvera ici et là des contre exemples, mais si on compare les situations d’aujourd’hui et de l’après-guerre, il sera difficile de considerer la seconde comme plus enviable.

Là où le bât blesse, c’est principalement dans le monde occidental, où la globalisation a clairement créé une fracture sociale : il y a ceux qui en ont profité et s’en sont globalement bien sorti (dont je fais partie, comme sans doute la plupart de ceux qui liront ces lignes), et ceux qui ont été victimes des changements qu’elle a induit. Car si l’enrichissement (dans le sens de “la sortie de la pauvreté”) a été manifeste dans le monde, il y a tout de même des individus ou des catégories socio-professionnelles dont la situation s’est dégradée chez nous pendant qu’elle s’améliorait ailleurs. Concrètement, un ouvrier français ou américain va moins bien qu’avant, et un ouvrier chinois ou indien va mieux. Alors certes, les conditions de vie dans les pays en voie de développement restent moins bonnes que celles que nous connaissons ici, mais la situation reste préoccupante quand on est a plus de mal à subvenir aux besoins de sa famille. Là où une révolution économique ou technologique provoquait il y a quelques décennies un  transfert de richesses et de compétences à un niveau d’un pays (industrialisation, par exemple), il est aujourd’hui fuyant sur la planète entière. Et la pilule est d’autant plus difficile à avaler quand on constate, et je pense qu’il est là aussi difficile de ne pas le faire, que si certains profitent “normalement” des bienfaits de la globalisation (société de services, informatique, etc), d’autres en ont tiré, littéralement et métaphoriquement, des bénéfices bien plus importants. Il y a en occident un affinage de la classe moyenne, écartelée entre plus de pauvreté d’un coté et plus de richesse de l’autre, et cette situation est clairement un danger pour la paix sociale. Quel que soit le niveau de richesse statistique de l’ensemble, une classe moyenne importante est une composante essentielle d’une société apaisée, et il clair que nous allons dans la direction inverse. Le danger est donc bien réel.

Ceci dit, je rappelle, pour faire halte aux image catastrophistes que peuvent générer ce dernier constat, que pour pouvoir juger la situation sereinement et justement, nous devons tout de même prendre en compte les avancées de ces dernières décennies. Il faut être conscient de ce qui se passe depuis 10 ou 20 ans, mais aussi de là où nous étions il y a 50 ou 60 ans. On ne peut pas, je crois, faire un étant cohérent de la situation ou deviser de solution crédible sans prendre en compte ces deux sets de données (au minimum) dont je parle. Je pense sincèrement que jusqu’ici la plupart d’entre nous partagera ce constat (qui est d’ailleurs conforté par les données statistiques).

Ensuite, les solutions

C’est là que les avis diverges. Je crois qu’il y a en gros deux écoles :

D’une part ceux qui pensent que la situation, devenue intenable, nécessite un revirement complet et radical. Dans ce groupe, on peut trouver ensemble les extrêmes du paysage politique français, qui préconisent par exemple la sortie de l’Euro ou de l’UE, le passage à une VIème république, une politique protectionniste et plus en repli, etc.

D’autre part, ceux qui pensent que la situation, certes loin d’être idéale, n’est pourtant pas à ce point désespérée. le regard tourné peut-être un peu plus loin en arrière, ils veulent conserver les aspects bénéfiques du parcours et “corriger le tir” pour en résoudre les défauts.

Le premier groupe reproche au second de vouloir continuer dans une direction qui, depuis un certain temps déjà, a prouvé son inefficacité, et ne faire qu’empirer la situation. Et ils pensent que ce système a déjà eu sa chance, et que sans action immédiate une catastrophe est inévitable. Pour eux, voter pour le consensus c’est “continuer” à aller dans le mur.

Et le second groupe reproche au premier de jouer avec le feu et de vouloir faire imploser un système qui, globalement, reste tout de même plus efficace que tout ce que nous avons eu jusqu’ici. Ils pensent qu’il est possible (et nécessaire) de corriger les problèmes et d’affiner le système, et craignent les solutions plus radicales parce qu’ils ne sont pas convaincu que ce qui viendra après sera aussi “propre” qu’on nous le dit.

Je pense sincèrement que les deux raisonnements se défendent. J’ai mon avis (vous le savez, je fais plutôt partie du deuxième camp, même si je vois des choses intéressantes chez les tenants du premier), mais je ne peux pas me résoudre à jeter aux oubliettes celui de ceux qui pensent autrement. Je ne suis pas convaincu de ma solution au point de, comme je le disais dans mon premier article, traiter de traitre ou d’assassin ceux qui pensent autrement. Je fais juste mon choix, en mon âme et conscience, sur la direction qui a le plus de chance de résoudre nos problèmes. En regardant d’où nous venons, je crois qu’on peut corriger le tir.

D’autres pensent qu’il est trop tard… Et bien, nous ne sommes pas d’accord, certes. Mais nous vivons en société, et savoir vivre ensemble quand nous sommes en désaccord est la base de la civilisation. C’en est même une composante nécessaire ; comment imaginer des élection où tout le monde serait toujours du même avis ? Comment imaginer une vie où on insulte et on condamne systématiquement ceux qui pensent autrement ? Pourtant, c’est ce genre d’attitude que je constate quotidiennement depuis quelques mois, sur ma droite comme sur ma gauche. Et c’est cela qui m’a conduit à écrire mon article d’hier. Mais si nous prenons un peu de recul, et si nous regardons les choses avec un peu plus de calme, comme j’ai essayé de le faire ici, il me parait facile de constater que, certes nous ne sommes pas d’accord, et nous ne tomberons sans doute pas d’accord même après cette élection, mais nous pouvons par contre accepter nos différences et éviter de nous haïr chaque jour parce que l’un dit blanc et que l’autre dit noir. Nous voyons tous les problèmes (à des degrés divers peut-être), et nous voulons tous les résoudre. Tombons au moins d’accord sur ça, ça nous fera déjà un point de départ commun…

PS : Je suis volontairement resté imprécis sur les problèmes et les solutions ; je ne parle pas de banques ou d’écologie ou de PAC ou de mille autre choses dont il est intéressant de discuter, parce que je ne veux pas m’empêtrer dans des débats sans fin. Le but de cet article, vous l’aurez compris, est plus de voir ce que nous avons en commun et de comprendre ce qui nous oppose, pour pouvoir en parler plus sereinement. J’espère ainsi avoir mieux réussi à faire avancer un poil le schmilblick…

April 20th, 2017
  • Sam

    Bonjour Patrick.

    Je ne suis pas un privilégié.

    J’essaie d’être le plus honnête possible en regardant la situation comme elle est.

    L’économie mondiale globalisée entraîne dans son sillage des changements qui bouleversent nos sociétés.

    On met souvent le doigt sur les taux de chômage de différents pays et le nombre de personnes qui ne font rien, mais on oublie de dire Qu’il n’y a jamais eu autant de monde au travail dans le monde, même si on ne prend que le cas de la France.

    On est bien plus nombreux Qu’il y a 50 ans et en comparaison il y a beaucoup plus d’actifs aujourd’hui .

    On argue que la France “subit” son sort par rapport aux autres , alors que tout les pays développés doivent y faire face et se doivent de revoir leur organisation , afin d’avancer.

    On entend que la France a moins de / moins que / pas de / comme si on cherchait à la déresponsabiliser.

    La solution d’une économie florissante n’est-elle QUE politique ?

    Ou est-ce plutôt les acteurs économiques; travailleurs, ingénieux, créatifs, entrepreneurs … qui apportent la richesse dans le pays ? Et donc une aisance dans la gestion de la nation et du peuple.

    Nous devons nous reprendre,

    Nous devons nous responsabiliser,

    Et nous devons le faire tous ensemble. On y est obligé.

    Lorsque l’on décide d’acheter un produit d’une entreprise chinoise, c’est une entreprise chinoise que l’on enrichit.

    Lorsque l’on décide d’acheter des produits chez Amazon , par facilité ou par la recherche de payer moins cher: on encourage les centrales d’achat à payer au plus bas celui qui fait pousser le fruit, celui qui fabrique l’objet.

    On est l’acteur principal de tous ces actes d’achat; d’adhésion; et on encourage sans fin tout ce petit monde à obtenir le taux de marge au plus haut.

    On est responsable de tout ça.

    Les entreprises françaises ferment à une vitesse exponentielle, si l’on veut bien se détacher du spectre de la création des auto-entrepreneurs qui cesseront leur activité en moins de 3 ans.

    L’industrie est délocalisée, on est dans un environnement bien plus sain que ceux qui font le travail à notre place et qui enfume leur territoire .

    Oui on est mal barré.

    Le monde est un village et en grossissant le trait, on veut absolument garder nos acquis sociaux , notre taux de rémunération et tout cela en travaillant moins , voir pas du tout.

    Le Francais gueule à tout va mais en voyageant un minimum il peut s’apercevoir du luxe dans lequel il baigne, et du nombre de personne prêt à risquer sa vie pour vivre la ou l’on réside.

    Il faut se reprendre. Raisonner nos actions, redonner un sens à nos achats et se mettre à entreprendre, travailler…

    Les autres acteurs économiques ne nous attendent pas et ne perdent pas autant de temps en palabre: ils avancent .

    Il est impératif d’inclure toute la population Française et de ne pas laisser un patriote sur le côté du chemin.

    Celui blessé, malade, il faut l’aider; mais on ne peut pas se permettre d’accorder aux gens le fait que l’on peut vivre et consommer sans fournir un quelconque travail.

    J’y crois.

    J’espère juste qu’on saura se reprendre avant de descendre trop loin.

    Le monde n’écoute plus la France quand elle parle, on intéresse plus, on a décroché…

    On ne valorise pas le travail alors que c’est par son biais que la France est ce qu’elle est.

    On doit se rappeler que créer son emploi, entreprendre est la clef du succès. On doit alléger les charges pour ceux qui ont le cran ; et le courage; d’apporter quelque chose à l’économie française et qui porte seul les risques.

    Sortir du salariat à vie, chose qui n’existe qu’en France.

    Nous reprendrons nous a temps?

    Bien à toi.

    Sam

  • Anthony L. Stark

    Cher Patrick,
    Tu as le droit de voter pour qui tu veux mais il me semble important de soulever une incohérence majeure à mes yeux.
    Ne pas voter pour les partis institutionnels (UMP/PS) traduit une volonté de changement partagée par beaucoup. Dans cette perspective il me semble évident que voter Macron est contre productif car il nous propose un best-of de la vision libérale qui caractérise ces 2 partis.
    Son succès est due à l’appel d’air provoquée par la crise que traverse les 2 partis et à un gros travail de marketing qui cible une droite progressiste.
    Comme on vient de le voir sur twitter, tu est de droite, (ce qui n’est pas jugement) et plutôt progressiste à ma connaissance, donc pile le coeur de cible.
    Ton positionnement est plutôt logique vu ton parcours.
    Un exemple simple, tu à déclaré être pour le télétravail et que c’était une opportunité fabuleuse que tu conseille à tout le monde. As-tu pris en compte tout les pigistes payés ou télé-conseillers au lance-pierre et obliger de travailler un nombres d’heures bien au delà de ce qu’autorise n’importe quel contrat de travail européen ?
    Or (ce n’est que mon avis) ces exemples sont bien plus représentatifs du marché du travail que le tient et a ce titre c’est sur leur exemple que l’ont doit baser la réflexion.
    Finalement quand je te lis, j’ai l’impression de quelqu’un qui ne veut pas se mouiller. Autant cette attitude est très constructive dans tes podcast car elle permet de faire le liens envers les divers avis des participants et d’en faire la synthèse. Autant appliqué en politique cela revient à faire l’autruche ça ne fera jamais avancer la société vers plus d’égalité mais laissera les rênes aux mêmes politiciens corrompus servant les intérêts de leurs copains.
    De plus du caricature Mélanchon et le range dans un sac “extrême” auquel il ne faut pas toucher, Or il est très proche de ce que propose Hamon, pourquoi l’un est extrême et l’autre non ? la sortie de l’europe ? Mélanchon à un plan A ET un plan B pour une autre europe avec tout les autres désabusé que sont les grecs, les portugais et sûrement d’autres.
    En fait c’est même plus compliqué que ça mais ton argument ” il est contre l’europe” est une manière de simplifier une question et par la même de ne pas tenir compte d’un plan plus complexe et intéressant pour le coup.
    Est-tu familier avec le concept de post-vérité théorisé par Frédéric Lordon ? (et qui se confirme depuis l’élection de Trump) Car j’ai l’impression que l’on est en pleins dedans et je te résume ça en une phrase: j’ai mon avis et je vous emmerde, quel que soit votre argumentation. et comme tu l’as écrit toi même “Je vote Macron et je vous emmerde” on peut pas plus être dedans et dans ces conditions je te peux te retourner le reproche que tu m’a fait sur twitter “dans ce cas, on ne peut pas débattre”.
    Débattre c’est défendre sa position avec des arguments, des faits et surtout être prêt à éprouver sa position par rapport au contradicteur.
    Or tes 2 articles ne sont que ton avis et à part le dernière partie du dernier ou tu te contente de lister ce que pense les 2 groupes, ça manque de fait pour étayer ta position.
    Mais pour ma part j’en ai marre du libéralisme qui accentue les inégalités sociales.
    Mon avis c’est que si tu laisse au gens une vrai liberté sans contrainte de salaire, ces mêmes gens changerons le monde en bien, il n’y a qu’a voir comment le Flux RSS à été inventé à l’époque, comment certains ont inventé des prothèses de bras à l’imprimante 3D, la voiture open-source et pleins d’autres choses que le futur nous amènera.
    Rien que sur Youtube, l’offre CULTURELLE est unique au monde avec des gens qui nous parlent de sciences, d’histoire de l’art et ça on le doit à des chômeurs à qui Macron ne trouve rien de mieux a dire que “achète un costard”.
    Donc vote Macron si tu le veux Patrick, c’est ton choix et je ne t’en voudrais pas, mais ce faisant garde bien en tête que ce tu encourage par ton vote, c’est la précarité et le libéralisme à outrance qui empêche cette société à laquelle j’aspire comme beaucoup de gens (et toi aussi quelque part, j’en suis convaincu, juste pour tout les innovation brillantes qui pourraient en sortir, on le vois déjà avec des petits jeunes qui se servent du big data pour créer une app RATP tellement bien que la RATP les embauchent)
    Et que tu votera pour un yaourt périmé, si tu ne me crois pas, jette un oeil à cette émission de LCI https://www.youtube.com/watch?v=O10pECbvQsE&feature=youtu.be
    Cette chronique de médiapart https://www.youtube.com/watch?v=jlGbjnctazQ
    Ou cette visite du meeting de Macron https://www.youtube.com/watch?v=RCBqs5GuBD8

  • Demon John

    Bravo Patrick d’avoir le courage d’exprimer tes idées dans un contexte difficile.
    J’ai moi-même écrit un petit post à destination de mes amis facebook pour exprimer la nécessité de voter dimanche, mais j’hésite encore à le poster, donc je salue ton courage.

    Comme tu l’écris j’ai vraiment du mal à comprendre ceux qui n’iront pas voter au motif qu’aucun candidat ne les convainc ou qu’ils sont tous pourris. OK ils sont sans doute tous pourris : tout comme nous !!! Qui peut se considérer comme parfait ? de ne jamais avoir profiter d’avantage ou d’un système ?
    Je peux comprendre que l’on ne puisse faire totalement confiance à aucun candidat mais les faits sont têtus : il y en aura un qui dirigera le pays dans quelques semaines.
    Bien sur que l’on ne peut pas être convaincu à 100% par le programme d’un candidat quels qu’il soit, mais comment ne pas adhérer ou rejeter en partie aux idées ou valeurs de l’un ou de l’autre candidat !
    Jamais une élection n’a proposé de choix, de visions aussi radicalement différentes depuis 1981. On peut admettre d’entre chirac vs jospin, sarkozy vs royal et sarkozy vs hollande, les programmes étaient plus ou moins différents sur le fond mais aucun ne remettait en cause les fondements de notre société. NON le projet de Fillon n’est pas le même que celui du FN qui n’est pas le même que Mélanchon qui a bien peu en commun avec Macron.
    Mais surtout chacun remet en cause le fonctionnement des institutions ou les valeurs actuelles de notre société d’une manière ou d’une autre (que l’on jugera positive ou négative selon notre point de vue).
    Libre à chacun de placer les lignes rouges sur l’Europe, l’économie, les valeurs, la liberté, le racisme, le progrès… Mais j’ai du mal à comprendre comment envisager qu’il n’y ait pas un minimum de valeurs, d’idées sur lesquels on peut rejoindre un candidat.

    Je considère ceux qui ne vont pas aller voter en ce disant indécis ou abstentionniste comme des gens peureux, paresseux et égoïstes (et je vous emmerde 😉 ) :
    – peur de faire un choix aussi crucial, avec 4 candidats pouvant passer au second tour, on ne peut pas se cacher derrière un vote utile, nous devons faire un choix d’adhésion ou du moins pire.
    – paresseux de ne pas faire l’effort de réfléchir à quels candidats pourraient partager un socle commun de valeur,
    – égoïste de ne pas voir les conséquences d’un non-vote sur la vie de ses amis, ses collèges, ses proches, son voisin.

    Evidemment que beaucoup ne partage pas mon point vue ou ton point de vue. Notre point de vue est étroitement liée à notre vie : j’ai réussi ma vie professionnellement, je ne souffre pas de la manière fonctionne la société, je suis du côté « des conservateurs », je n’ai pas d’intérêt à un changement majeur (même si je fais partie des 49% de personnes soumises à l’impôt sur le revenu dans mon département et que je ne sais pas de ce que l’on fait d’intelligent avec mon argent) mais comme tout le monde : je vis dans ma bulle du quotidien.
    Par contre si le FN arrivait au pouvoir ma vie et mes perspectives seraient complètement chamboulées.
    Mon point de vue est sans doute différent que quelqu’un au chômage, qui n’a pas reçu l’education qu’il souhaitait ou qui est frustré de ne pas profiter pleinement de la société de consommation.
    On critique le fait qu’en votant Macron, tu votes la continuité alors que tant de gens souffrent.
    Mais on peut aussi renvoyer que les personnes voulant voter FN, Mélenchon pour renverser la table n’ont aucune considération pour tout ce qui marche en France et ne se regardent que le nombril en se disant qu’une amélioration de sa situation vaut bien le renoncement à toutes les valeurs de notre société et à notre vivre ensemble.

    Chacun voit midi à sa porte, et vote en fonction.

    « Bref » bravo pour t’être exprimer, bravo à ceux qui ont des idées bien arrêtées quelles soient d’extreme droite, du centre ou d’extrême gauche et qui les défendent avec passion quitte à se transformer en troll, que les « indécis » en fassent autant et prennent leurs responsabilités.

    PS : merci Patrick pour cette séance de catharsis

  • StephSinalco

    Excellente explication dans laquelle, tout comme c’était le cas pour le billet de hier, je me retrouve.

    Je serais toutefois moins optimiste que toi quant à la possibilité d’une résolution du conflit opposant les groupes 1 et 2 auxquels tu fais référence… J’ai en effet l’impression que, depuis plusieurs années maintenant (à l’oeil, depuis l’explosion des réseaux sociaux), on assiste à une accélération de la polarisation des opinions. Attention : je n’entends pas par là que les gens étaient auparavant tous modérés et rationnels, loin de là. Mais j’ai le sentiment qu’en facilitant la communication et le rapprochement des individus partageant une vision similaire du monde, la “technologie” a contribué à repousser chacun un peu plus dans son camps, renforçant nos certitudes (A noter l’excellent article du New Yorker à ce sujet intitulé “Why facts don’t change our mindes” http://www.newyorker.com/magazine/2017/02/27/why-facts-dont-change-our-minds ) Là où l’on pensait qu’un foisonnement d’opinions contribuerait à l’émergence d’un consensus et d’un débat, on se rend compte que c’est l’inverse qui se produit : les militants restent entre eux, ne s’aventurant hors de leur bulle que pour se clasher avec “ceux du camp d’en face”, renforçant au passage leurs convictions.

    J’ignore comment se terminera cette élection et comment la politique française passer le cap post campagne (on parle potentiellement d’un PS et d’un PR écartés des plus hautes fonctions ! Pas anodin.). Mais une chose semble plus ou moins certaine : si les conditions ne s’améliorent pas significativement ces cinq prochaines années, la prochaine sera encore plus sale et polarisée. Et la possibilité d’une Le Pen au pouvoir sera plus forte que jamais.

  • Salut Anthony (je suspecte que ça n’est pas ton vrai nom, ou alors tu as vraiment un homonyme fictif prestigieux ! :),
    D’abord merci d’avoir pris le temps de venir mettre tes idées en ordre ici, on s’y retrouve plus facilement que sur Twitter.
    Ensuite pour mes réponses ; je ne pense pas tout couvrir, mais je vais faire de mon mieux.
    Pour ce qui est de l’aspect contre productif du vote Macron, je ne suis pas d’accord avec ta vision des choses, que je trouve partielle : ce que tu dis, en substance, c’est que comme il est entre la gauche et la droite, il ne “vaut pas mieux” qu’eux. Ca part du postulat qu’il n’y a en fait pas de bonnes idées à gauche ou à droite, ce que je rejète : pour moi au contraire, il y a de bonnes idées dans les deux camps (et même à leurs extrêmes), et le problème est qu’on n’arrive justement pas à les implémenter correctement parce qu’on est enfermé dans les labels. Dépasser ces labels et pouvoir choisir concrètement “ce qui marche” est une différence énorme avec ce que nous faisons depuis longtemps, et ça correspond très bien à ce que j’appelle de mes voeux depuis aussi longtemps. En gros, on arrête de faire les enfants, et on travaille ensemble à des solutions cohérentes, pas juste “on dit que tel truc est de gauche donc je l’aime pas sans même l’avoir regardé”.
    Pour cette histoire de Plan A / Plan B pour l’Europe, je suis désolé mais comme je le disais ailleurs, je n’y crois simplement pas. Le Plan à ne me parait pas réaliste, je suis convaincu qu’il ne sera pas accepté et ne passera pas, et on se retrouvera donc automatiquement avec le Plan B, qui, comme tu l’as compris, ne me convient pas du tout (je suis très attaché à l’Europe, pour un tas de raisons que j’ai déjà développé).
    Et sur la question de l'”extrême” gauche de JLM… Ben que veux-tu, je ne sais pas trop quoi te dire. Contrairement à ce que tu sembles croire, je trouve que Hamon, à la gauche de la gauche, est effectivement relativement proche de JLM (à quelques différences importantes près), mais en plus cet appellation me parait naturelle ; le PS est a gauche, Hamon est à gauche de cette formation politique, et JLM est à gauche de Hamon… Ok on ne parle pas de propositions un peu fantaisistes comme celles de Poutou ou Arhaud, mais pour moi la gauche de la gauche de la gauche, ça fait un peu l’extrême gauche. Déjà en l’état, et surtout si on regarde les choses avec un point de vue plus européen : vu de l’extérieur du pays, il ne fait aucun doute que, comparé aux autres paysages politiques, le PS Français est déjà très à gauche. Donc Mélenchon, je t’assure qu’il est en plein, voir au delà, de l’extrême gauche. Donc bon, je ne comprends pas pourquoi cette appellation dérange tant les partisans de JLM ; ils demandent le changement radical, ils exigent la fin du système, ils fustigent l’immobilisme, et après ils s’offusquent qu’on parle d’extrême gauche… ‘fin bon. C’est juste ma manière de voir les choses, elle me semble logique, voila.

    Et enfin, à côté de tout ça, je tiens à dire aussi que tu fais aussi une analyse assez étonnante de mon profil “psychologico-socio-professionnel”. Je tiens à t’assurer que, au delà des caricatures un peu grossières que tu fais (“tu es podcasteur, super, mais as-tu seulement pensé aux télé conseillés, hein, les pauvres ??!!” ou encore “oh voila, tu ne veux pas te mouiller” – comprendre, “tu es un peu lâche en fait, hein ? Moi j’dis ça j’dis rien…”), au delà de tout ça donc, tu ne connais ni mon parcours ni mon histoire. Je pourrais te parler de choses qui t’étonneraient, on en aura peut-être l’occasion un jour. Mais entre temps, tu as décidé du type de personne que j’étais, comme le font souvent les gens très très convaincus, et tu découles ton raisonnement sans t’émouvoir plus que ça, ou sans penser que je ne fais peut-être pas ces choix par ignorance mais bien parce que je pense qu’ils sont meilleurs que les autres. Non seulement je trouve ton raisonnement un peu limite, mais en plus si je voulais “ne pas me mouiller” comme tu le dis, je n’aurais pas pris le temps et l’énergie de faire ces deux articles et de répondre patiemment à tous ceux qui me répondent, pas toujours gentiment, ici ou sur Twitter. Et je n’aurais pas non plus pris le temps de faire une émission (en anglais, The Phileas Club), ou le principe fondateur est justement d’écouter des gens qui ne sont pas d’accord avec moi, d’essayer de les comprendre et de parler calmement avec eux. Tu parles de la post vérité, mais tu as pris le temps de dialoguer avec un voteur Trump ou un anti Brexit ? Ce n’est qu’un exemple, mais je suis touché par cette remarque parce qu’elle va à l’encontre de ce que je veux représenter, et qu’elle est proférée à mon sens non seulement par méconnaissance de ce dont tu parles (en l’occurence, moi), mais en plus avec une condescendance un peu coupable (“oui bon, tu es gentil dans les podcasts hein, mais là, en politique, on est des vrais, et toi visiblement tu ne comprends pas”). Donc je t’assure que je ne fais pas l’autruche et que je ne suis pas lâche, sinon je ne serai pas ici…

    PS sur le “je vous emmerde” qu’on me ressort de temps en temps : il est certes un peu radical, mais il est accompagné d’un long article d’explication qu’on oublie aussitôt ; le premier paragraphe de cet article explique pourtant bien à que s’adresse cette invective : ceux qui voudrait que le fait de faire un choix différent pour ces elections soit un crime, une trahison.
    Ce que je dis, c’est que j’ai le droit, que nous avons tous le droit de choisir en notre âme et conscience, et si vous n’êtes pas d’accord avec ça, dans ce cas là, je vous merde. Mais je pense qu’il est clair que toi tu n’es pas dans cette optique, donc on est au moins d’accord sur ça, et du coup je te fais une bise. 🙂

  • Salut John, et merci pour ce soutien. Je ne suis pas aussi sévère que toi avec les abstentionnistes, mais je comprends ce sentiment, et je partage une partie du raisonnement. Et pour ce qui est du besoin de s’exprimer, j’avoue que la catharsis a été importante pour moi aussi pour le coup… 🙂

  • Sur ce point on est d’accord. Et peut-être qu’en 2022 je me retrouverai à vouloir voter Mélenchon, qui sait…

  • Anthony L. Stark

    Alors sache avant tout que c’est Tony Stark qui a un homonyme réel prestigieux xD, et c’est d’ailleurs avec cette identité que j’ai animé le podcast GSM pendant 4 ans.

    Blague à part je trouve que tu caricature mon point de vue car j’ai pris soin de peser mes mots et tenté de les utiliser avec justesse.
    Déjà ravis de voir que l’on avance.
    Je n’ai pas la prétention de te connaitre, je me base sur ma connaissance pour étayer mon jugement, à savoir:
    _Tu à travaillé pour Blizzard, grande entreprise Capitaliste
    _Tu est entrepreneur qui travaille pour lui même.
    Je ne présume de rien d’autres à propos de ton parcours sans avoir la prétention de fournir un profil socio-logique complet et je n’ai rien décidé sur la personne que tu es ou semble être.
    Je prend en compte ces 2 marqueurs qui sont des faits incontestables pour comprendre ce qui t’amène à dire ça publiquement et je pointe ce que j’identifie comme des erreurs (dès fois c’est mon avis qui peut être partial, j’en convient, parfois ce sont les faits qui sont eux incontestables)
    Je crois en l’approche “structuraliste” de la sociologie, “Les structures nous façonnent dans nos mode de pensée”
    Je sais aussi que tu est marié à une femme scandinave mais je n’en ais pas tenu compte (quoi que ça doit logiquement jouer sur une vision pro européenne mais passons ce n’est pas mon propos)
    Je dis juste qu’avec ces marqueurs sont cohérents avec un vote macron et j’en déduis qu’ils ont influé sur ton choix.

    Le clivage Gauche/droite quand à lui est déjà dépassé car cela fait quelques temps que le PS n’est plus un parti gauche et c’est facile à démontrer, quelle mesure de gauche fut prise par notre gouvernement socialiste ? 1 seule le mariage pour tous, à coté c’est loi travail et favoriser les entreprise (exemple avec les Fanzones pendant la coupe du monde et limitant les retombé économiques pour les petits commerçants). Ce clivage est donc quaduc depuis au moins le mandat d’Hollande, mais c’est une illusion que Macron nous vend car les gens en ont marre de ce clivage avec lequel on leur rabâche les oreilles. En tant qu’ancien marketeux, c’est béton et je serais curieux de savoir se qu’en penserais Jérôme Keinborg.
    Et quand les militants votent à la primaire PS pour le seul avec des idées de gauches, tout les dirigent se barrent chez Macron qui défend une vision de droite, je vois pas ce que je peux dire de plus pour te convaincre.
    Mélanchon (ancien PS) me semble plus un mec resté sur la ligne socialiste quand tout le parti penche à droite.
    Pour ce qui est du plan A/B, ce n’est que ton avis et je t’invite à regarder juste la réponse à la question que je t’ai calé dans cette vidéo https://youtu.be/KCJbyWclfIs?t=40m42s ou une réponse claire est apportée à la question.
    Quand à sa sympathie pour la droite Bolivarienne que j’ai lu dans un autre commentaire, ce n’est que du vieux propos hors-contexte et monté en épingle par des opposant qui ne savent plus trop quoi inventer.

    Quand je fais le parallèle entre ton télétravail et celui d’une personne précarisé, tu peux trouver ça démago, il n’empêche que ça participe à l’uberisation de la société et de fait à la précarisation des travailleurs pauvres qui se tournent vers le peu d’emplois que ce pays propose.
    Ce que je voulais démontrer par là c’est que ton expérience positive du TéléTravail (et tant mieux je suis ravis d’avoir un nouveau podcast chaque semaine) génère forcément une vision positive du télétravail qui limitera ta façon d’appréhender ce travail

    Quand à ne pas entrer dans la mélée, je ne dis pas lâche ( si j’avais voulu dire lâche, je ne me serais pas gêné pour le dire), je dis que c’est une posture, pas si éloigné de celle d’animateur de tes podcast, j’entend par là une volonté de faire la synthèse des bonnes choses entendue quelle que soit le côté.
    Je ne nie pas ta volonté de t’engager, mais le faire pour Macron, c’est presque antinomique car tu t’engage pour celui qui prend le moins d’engagement. Et si tu ne me crois pas, j’ai mis des sources en haut qui confirme, libre à toi de juger de leurs pertinence, mais avant il faut au moins les consulter.
    Je ne nie pas le Phileas club ( que j’écoute à l’occasion car l’anglais audio me demande un gros effort vue mon lvl)
    Et là encore, on peu poser la question de la sociologie de tes interlocuteurs.
    Quand à Trump sache que oui j’ai rencontré au moins un pro-Trump en la personne de Caljbeut, je l’ai même interviewé https://www.youtube.com/watch?v=MqXOweP8LrE
    Et même si ce n’était pas le cas, je ne vois pas en quoi ça invaliderais la thèse de Mr Lordon, Sociologue, économiste et journaliste au Monde Diplomatique. Qui nous explique que Trump et Brexit sont l’expression du rejet des institutions, et la France n’y échappera pas, la question est veut-on en profiter pour ENFIN mettre en place une société en adéquation avec l’idéal républicain de liberté égalité fraternité gravé sur nos mairie ou restons-nous au statu quo qui fera passer Marine Le Pen tôt ou tard ?
    Et voter Macron, c’est voter pour le status quo et pour le coup c’est vraiment dangereux

  • Jim0PROFIT

    J’aime bien le Patrick pédagogue.

    Allons voter!

  • Re-yo !
    Bon je ne vais pas te faire toute l’histoire de ma vie, mais je dirais simplement que j’ai été, par exemple, plus longtemps intermittent du spectacle qu’employé d’une “grande entreprise capitaliste”. Est-ce que ça veut dire qu’en fait je suis de gauche, du coup ? Tu me diras. J’ajoute que quand j’étais employé de cette entreprise, je bossais aussi à développer mes podcasts, pendant de longues années, ce qui me faisait des semaines très chargées, et que même aujourd’hui je me considère plutôt comme un artisan que comme un “télétravailleur” (statut étrange sur lequel tu t’es arrêté pour une raison que je ne comprends pas très bien, j’avoue). Mais quoi qu’il en soit, je ne vois pas en quoi le fait que j’ai travaillé dans une entreprise ferait automatiquement de mon opinion politique quelque chose de trivial… Est-ce que toi, parce que tu es barbu hirsute (par exemple), tu es du coup forcément de gauche et du coup “c’est normal que tu dises ça, donc (en substance) ça n’a pas vraiment de valeur” ?
    Bref, je ne comprends pas pourquoi tu choisis d’utiliser comme argument “tu as été employé, donc normal que tu vote Macron”. Et après ? Donc les raisons pour lesquelles je vote Macron ne comptent pas ? Parce que tu les considères comme “logiques”, elles sont du coup moins valide ? Je ne vois pas où tu veux en venir. Comme si je disais d’un type qui vote à gauche “oui mais lol, toi t’es un jeune étudiant parisien bobo rebelle, normal que tu croies en JLM, ça m’étonne pas…” A mon sens ça ne sert à rien et ça ne fait rien avancer.
    Au final, ce que je ressens de cette partie de tes commentaires, c’est que tu m’as mis dans une boite, parce que tu as vu que je travaillais dans tel ou tel domaine, et que du coup tout ce que je peux dire ensuite n’a que peu d’importance, parce que tu le liras forcément avec la couleur de ce jugement premier. Je me trompe peut-être, mais ça n’est pas une attitude louable je trouve. Et c’est d’ailleurs une tendance que je retrouve souvent chez les gens les plus militants / convaincus, à droite comme à gauche (Dieu sais que j’ai entendu des truc énervants à propos de la gauche quand je parlais avec des amis de droite). Je suis sûr que tu t’en défendras, et j’espère que c’est une déformation des commentaires sur le net, mais je voulais juste te dire que c’est comme ça que je ressens ce que tu dis, et c’est pour ça que je passe autant de temps dessus.

    Ensuite sur le clivage gauche droite, tu répètes encore que 1) Macron est de gauche, et 2) il n’apporte rien. Je ne sais pas comment le dire autrement, mais si toi tu es convaincu qu’il est de droite, l’ensemble de la droite elle est convaincue qu’il est de gauche. Je ne sais pas ce qui fait que tu as toi plus raison que les autres (enfin, je comprends qu’on peut avancer des arguments dans les deux ses, puisqu’il a effectivement une légitimité dans les deux doctrines), mais pour moi, vu d’ici (et vu avec un peu de recul hors de nos frontières), il est assez clair que la gauche française est de gauche. Tu ne seras pas d’accord, mais c’est du coup juste une question de points de vus ; ça revient un peu à savoir ce qu’on appelle la gauche et ce qu’on appelle la droite. Pour toi, le PS étant déjà plus ou moins de droite, c’es sûr que ça rend la conversation (sur ce point précis) compliquée…
    Ensuite sur le fait que le vote Macron ne soit qu’un coup d’épée dans l’eau… La non plus je ne comprends pas que tu ne voies pas qu’il y a au moins un minimum de rejet dans ce vote : au moins un rejets des partis traditionnels qui ont fait la vie politique du pays depuis des décennies. Sortir tous les anciens, de Hamon à Fillon, c’est quand même un message ! Si le PS et LR ne se retrouvent pas au 2ème tour, ça veut dire quelque chose… Alors oui, je comprends que dans la manière dont tu vois les choses, la politique est la même donc “ça revient au même”. Mais là encore, ça n’est pas ma vision : un alliance qui prendrait le meilleur des deux tendances (ou de toutes les tendances), c’est ce que je préconise depuis très longtemps, et pour moi c’est un geste très fort. Se départir des labels arbitraires des équipes pour choisir ce qui marche, ça compte. Alors ok, toi tu te dis qu’ils sont tous de droite et que toutes leurs idées sont pourries, ok, mais si tu admets que moi je ne pense pas que toutes les idées sont pourries, tu pourras admettre que je trouve le vote Macron cohérent.

    Pour le plan A / plan B, là encore je ne sais pas comment dire les choses autrement… Je comprends bien que tu es convaincu que le plan A est réalisable, et qu’il est donc vraiment valide, mais là encore moi, en regardant la situation de l’UE et ce que demande JLM, je pense simplement et sincèrement que ça ne passera pas, et du coup je vois le plan B comme la chose la plus probable. Je comprends bien que tu n’es pas de cet avis, mais voila, c’est juste qu’on n’est pas d’accord dans notre analyse de la situation…

    Enfin, pour l’interview de ton partisan Trump, j’espère que tu ne le prendras pas mal, mais je ne considère pas un Français comme un exemple représentatif de l’Amérique de la rust belt qui a porté Trump au pouvoir… Un peu comme si je te disais “bah oui, je connais bien les problèmes des paysans français, j’ai parlé à un pote mangaka japonais au Tokyo Game Show !”… Ceci dit je suis heureux que tu écoutes de temps en temps des épisodes du Phileas Club ; cette émission me tient beaucoup à coeur, et le fait que tu fasses des efforts pour l’écouter en anglais me touche. 🙂

    Bref bref, je suis en tous cas content qu’on continue à dialoguer, comme on l’a déjà dit ici et sur Twitter. C’est effectivement la chose la plus importante de loin, et je suis sûr que même si on ne tombe pas d’accord (soyons réaliste, ça a peu de chances d’arriver), on aura déjà eu des contacts réels avec une personne de “l’autre bord”, et ça humanise énormément, ça permet de ne plus forcément considérer l’autre comme une entité anonyme et facile à critiquer, voir à détester. Donc merci de tes commentaires, et quelques bises !

  • J’ai bien vu que tu disais rester imprécis volontairement sur les solutions, mais comme tu indiques voter Macron ça m’intéresse quand même.
    Je comprends bien ton positionnement de vouloir aller prendre les bonnes idées dans chaque camp et “gouverner entre adultes” pour reprendre ton expression. Mais je ne suis pas sûr de faire la connexion avec Macron.
    Je sais qu’il se proclame (ou se proclamait) d’un mouvement ni droite ni gauche, qui allait chercher tous les gens d’accord avec lui pour former une sorte d’union nationale.
    Mais je n’ai pas l’impression qu’il réalise vraiment ce que tu souhaites, et ce que tu appelles de tes vœux dans ces deux posts. J’ai finalement l’impression que Macron a sorti son programme, qui me semble être la continuité de ce qu’il a fait ces 5 dernières années (d’abord comme rédacteur du programme de Hollande, conseiller de l’Élysée, puis comme Ministre de l’économie).
    En fait j’ai l’impression que Macron a fait ce processus-là : “j’écris mon programme” => “Que vous soyez de gauche ou de droite, tant que vous êtes d’accord avec moi ça me va”.
    Alors que toi tu appelles plutôt à “Restez de gauche ou de droite, mais proposez intelligemment des solutions sans vous enfermer dans un camp” ce qui me semble être un processus quasi inverse.

    J’aimerais bien avoir une discussion aussi sur le vote blanc et l’abstention, je pense qu’on a vite fait de mettre les abstentionnistes dans le camp des “je m’en fous” alors qu’il s’agit de plus en plus d’un vrai bulletin de vote.

  • Anthony L. Stark

    Je précise qu’a aucun moment identifier ne signifie capter intégralité de ta pensée et tu l’a prouvée toi même, nous somment déjà d’accord là-dessus 😉
    J’essaye humblement de mettre le peu de savoir que j’ai sur le sujet au profit de la discussion mais je ne suis ni omniscient ni infaillible et encore une fois je prend soins de bien sous peser ce que j’écris ( la réussite est peut-etre discutable)
    Mais comme nous l’avons dit sur twitter, on ne met qu’un seul bulletin dans l’urne et celui-ci ne refletera pas l’entiereté de ta personnalitée.
    L’exemple du télétravail n’est qu’un exemple qui me semble représentatif.
    Comme les meilleures choses ont une fin je ne vais pas revenir sur ce que l’on a déjà dit et tu peut discuter mon opinion, mais certaines choses relèvent du fait. Encore, peut-tu me citer une mesure de gauche autre que le mariage pour tous ? Manuel Valls à même proposé il y a quelque années que l’on change le nom du parti, le mot socialiste “ne le représentant plus” et là c’est la presse institutionnelle qui l’a rapporté, pas un media conspirationnisme ou douteux, on parle m^me de reproduction du bipartisme américain.
    Quand au vote Trump, veux-tu dire que ce n’est pas un vote rejet du système politique par le peuple américain ?
    Car c’est ça que je dis, ni plus ni moins.

    Sache que je comprend ta position, je l’ai eu par le passé et je ne la trouve pas honteuse. Je dis que Macron nous vend une posture (qui pour les raison ci-dessus est désuète) qui est séduisante mais mal grès tout vide.
    Le premier lien est émission de LCI (donc pas des gauchistes) expliquant a quel point il passe sont temps à rester le plus vague possible. Emission censuré sur le replay qui bénéficie de l’effet Barbara Streisand. Le 3e est une rencontre avec le public du meeting de Macron.
    Tu peux ne pas me croire ou prendre mon opinion pour ce quelle est, juste une opinion d’un gars qui balance un commentaire en bas d’un article avec lequel il n’était pas d’accord.
    Mais j’évoque également des faits ou des analyses rapportés par bien plus compétent que moi, et ne pas en tenir compte, c’est ça la politique de l’autruche.

    Et j’entend venir le “dans ces conditions, on ne peut plus discuter” ben si car à l’heure actuelle chacun viens avec sa position et repart comme il est venue (voilà pourquoi j’ai parlé de post-vérité).
    Comme je l’ai dis précédemment, débattre c’est aussi mettre à l’épreuve son point de vue, je veux bien éprouver le mien mais quand tu dis que l’Europe c’est bien malgrès des défauts, c’est un point de vue, bien argumenter certes, mais ça reste un point de vue auquel je répond; qu’avec 20 000 lobbyiste à Bruxelles qui remettent parfois des lois clefs en main que certains députés soumettent à l’assemblée parfois sans même les lires. Le parlement votant des directives appliquées dans toutes l’Europe aux bénéfices de grandes entreprises qui visent le profit au détriment du progrès social, c’est plutôt pas bon même si de bonnes choses y perdurent.
    Et selon moi, en disant que l’Europe c’est plutôt bon, tu fait abstraction d’un fait qui me semble gravissime et sans des organes comme la quadrature du nette qui fonctionnent grâce aux dons et aux bénévolat, l’Europe serait beaucoup moins sexy à l’heure actuelle.
    Et tes article me semble refléter un positionnement sur l’axe politique dans la ligne droite des politiques présentent creusent déjà les inégalités.
    Tu a un point de vue qui ne prend pas tout les fait en compte j’ai l’impression.

    Ma conviction c’est qu’il faut favoriser les bas revenus et les PME car si les gens ont du pognons, ils le dépenserons, si il sont libérés du salariat, ils entreprendront et si il peuvent embaucher sans se ruiner, ils embaucheront.
    Peut-être ne partage tu pas cette vision et je le comprend tout a fait.

    Je dis que Macron c’est une posture, c’es du libéralisme avec de faux airs de progressisme et de rupture avec l’ancienne politique, je suis prêt à prendre le pari si il est élu et on en reparle dans 5 ans. La vision derrière creusera la fracture sociale qui fait monter le front national comme le supposais NotCassim et ça aussi on pourra en reparler.

    Mais ma volonté n’est pas de porter un jugement de valeur ni de te clasher mais bon j’ai dis ce que j’avais à dire et n’y vois pas malice, maladresse peut-être mais surtout conviction
    la bise

  • damestra

    Mais non tu pars sur de faux faits. La pauvreté n’a pas reculé, elle a augmentée. L’espérance de vie des ouvriers a considérablement baissé et ce précisément à mesure que le libéralisme se fait de plus en plus totalitaire depuis 40 ans. Ecoute je veux bien croire que tu ne te rends pas compte de ce que tu dis mais prends conscience des gens qui te disent que Macron est la continuité de ce qui est fait maintenant et que les gens avec qui tu te prends la tête n’essaient pas de t’interdire de penser comme tu le fais, il essaient de te dire que ce système détruit leurs vies. Quand ils viennent appeler à l’aide, les libéraux convaincus ne veulent pas écouter, pas voir. Ce qu’on dit concrètement c’est : si Macron est élu notre vie va continuer à s’écrouler alors soutenez nous en votant Mélenchon (avec qui je ne suis pas d’accord sur bien des choses) qui proposent un programme (auquel 3000 personnes ont contribué au passage) qui répond concrètement par des solutions réelles à nos problèmes du quotidiens. Alors que Macron c’est juste de l’idéologie libérale avec un programme fait à la rache un mois avant la présidentielle qui évite la précision mais dont on comprend qu’il s’engage à continuer à oeuvrer dans la même direction que ces 40 dernières années. Bon cet appel à l’aide n’a pas été entendu et à ce jour le risque (minime) c’est que Lepen arrive au pouvoir. Et là par contre je suis sûr que comme ça peut atteindre votre vie à vous, vous allez appeler à voter Macron et considérer que les abstentionnistes sont des gros cons s’il ne viennent pas à la rescousse quand vous vous n’êtes pas venu à la leur. Mon point de vue est que si Lepen passe on va tous manger et c’est très grave et si Macron passe on va se retrouver avec une france dont 50 % rejettent ce que Macron incarne ( le libéralisme) et la violence qui aurait pu être canalisé par la refondation de la république, va se passer de façon chaotique et il se peut que bien pire que Marine profite de cette instabilité (Car oui contrairement à ce que tu disais ce système n’est pas stable et ça pète absolument PARTOUT dans le monde). Bref au vue de tes assertions, il me semble que tu ne connais pas bien et te méprends sur beaucoup de faits politiques car tu pars des faits que les médias relaient par intérêts de leurs propriétaires et qui sont, soit faux, soit biaisés. Je ne te reproche pas d’être idiot en politique mais de ne pas aller regarder ailleurs que dans le dogme libéral. Et franchement j’essaie de te faire réaliser des choses donc ne me dis pas que je suis fermé sur mes idées et inapte à discuter avec quelqu’un avec qui je ne suis pas d’accord, ni comme tu le fais à chaque fois de prétexter que mon point de vue est exagéré et que tu n’as pas le temps de répondre à chacune des choses avec lesquelles tu n’es pas d’accord. Car au vue des échanges que tu as eu avec d’autres, c’est toujours toi qui accuse l’autre d’être fermé et toi qui clos le débat. C’est toujours toi qui dis ne pas prétendre détenir la vérité, alors que tu qualifies tes argumentations de raisonnées (comme si en face on ne l’était pas sous prétexte qu’on est pas d’accord avec toi) et les arguments adverses d’extrêmes ou d’exagérés. En gros tu ne te rends peut être pas compte mais tu incarne bien souvent tout ce que tu dénonce chez tes interlocuteurs. Voilà en espérant que ça puisse avoir un impact minime sur ta réflexion…

  • Damestra

    Je me corrige sur une connerie que j’ai dite (my bad) mais qui ne ruinera pas je l’espère l’attention que tu porteras au reste de ce que j’ai écrit : l’espérance de vie n’a pas considérablement reculé chez l’ouvrier, elle a augmentée. Elle est juste de façon inchangée 6 ans inférieures à celle d’un cadre depuis 39 ans. Autant pour moi.

  • Je ne sais plus comment te répondre Demestra…

    D’une part, sur la question du recul de la pauvreté, je dis 12 fois que je parle “à l’échelle du monde”, et depuis la guerre. Sauf que visiblement, tu l’as pas lu, ou compris. Ou alors tu penses vraiment qu’il y a plus de pauvreté dans le monde depuis la guerre, et à ce moment je ne sais plus quoi dire.

    D’autre part, ton discours se résume, comme souvent chez les jusqu’au bout-istes, à “mais vous ne comprenez pas, et si seulement vous compreniez, vous seriez d’accord”. Encore une fois, c’est pas qu’on ne comprend pas ou qu’on est trompé par une chape de plomb médiatique, c’est juste qu’on n’a pas la même analyse et la même conclusion que toi / vous sur cette situation.
    Et ça vous ne voulez pas l’accepter, parce que vous êtes tellement au fond de votre mouvement que vous ne voyez pas comment quelqu’un pourrait ne pas être d’accord, ça vous parait inconcevable… En gros : soit on a compris (et on est d’accord avec vous), soit on n’est pas d’accord avec vous (mais c’est parce que vraiment, au fond, en fait on n’a pas vraiment bien compris).
    De fait, on n’a concrètement pas le droit de ne pas être d’accord avec vous. Dans votre esprit il y a toujours un autre raison, une autre explication (on ne comprend pas, on est trompé, ou, mon préféré, on se moque carrément du peuple et on est bien content que les gens souffrent).
    Et à mon avis, quand un groupe n’accepte pas qu’on ne soit pas d’accord, non seulement il est extrême, mais en plus la tendance ne me parait pas saine pour la démocratie.
    Quand tu dis :
    “si Macron est élu notre vie va continuer à s’écrouler alors soutenez nous en votant Mélenchon (avec qui je ne suis pas d’accord sur bien des choses) qui proposent un programme (auquel 3000 personnes ont contribué au passage) qui répond concrètement par des solutions réelles à nos problèmes du quotidiens.”
    Mon pauvre, tu n’en sais rien !! Je comprends que tu en es convaincu, mais cette phrase représente simplement *ton* analyse de la situation, mais ta conviction a beau être forte, ça n’en fait pas une réalité certaine… Ma conviction est aussi forte, et mon analyse n’est pas moins valide que la tienne. J’AI LE DROIT DE NE PAS ETRE D’ACCORD AVEC TOI. Tout autant que tu as le droit de ne pas être d’accord avec moi. Après on vote en fonction de nos convictions, et on accepte le résultat du vote. Voila, c’est la démocratie.
    Et c’est ce que je dénonçait dans mon premier article : si on n’est pas d’accord avec vous, on est des égorgeurs et des traitres. Ce discours est vraiment néfaste à mon sens, parce qu’il t’interdit de penser d’une manière différente de la votre, et c’est ce qui m’a conduit à ce moment d’énervement qui m’a fait ajouter le “je vous emmerde” si peu caractéristique de mon discours habituellement. Alors soyons clairs : il y a bien sûr des idées qui sont clairement condamnables (les classiques terrorisme, incitation à la haine ou pédophilie par exemple), mais je crois, et j’espère, que tu seras d’accord sur le fait que nous en sommes tous deux assez loin… 🙂

    Quand au fait que certains essayent de convaincre les autres de voter de telle ou telle manière (ou de ne pas s’abstenir), c’est parfaitement normal aussi. Là où je ne suis plus d’accord, c’est quand on veut, d’une certaine manière, interdire intellectuellement aux gens de voter d’une certaine manière. J’essayerai de te convaincre de ne pas voter blanc parce que dans mon esprit la politique du front national est très dangereuse pour le pays et son peuple (plus que celle de Macron, si je me place dans une optique plus de gauche), mais si au final tu fais le choix de voter blanc, je me devrai de le respecter, même si je trouverai ça illogique et que je resterai incrédule.

    BRef, j’espère que tu auras compris mon propos, à défaut de tomber d’accord avec moi… Mais j’avoue qu’à ce stade j’ai assez peu d’espoir… 🙁

  • Damestra

    Franchement je n essaie pas de t’interdire quoi que ce soit. Je suis juste incapable de comprendre ta logique et j’essaie de te convaincre (maladroitement surement) plus que de te contraindre. Quand à Lepen évidemment c’est encore pire que macron. Mais (selon moi) c’est précisément les dégats du libéralisme qui font monter la Fhaine dans certains esprits étroits. Et pour ce qui est du programme de Macron (ne parlons pas de son bilan dont on sort à peine), je l’ai lu et il y a concrètement rien qui répond aux soucis des gens en difficultés. Chez mélenchon, il y avait par exemple un vrai plan pour la mise aux normes des structures pour les handicapés qui crée de nombreux emplois, la transition écologique pour passer du nucleaire aux energies renouvelables qui couterait moins cher que le recarenage des centrales nucleaires qu on va se manger avec macron (la transition éco elle aussi est très créatrice d’emplois). Puis bon la 6eme republique pour enfin faire reculer le monopole de la decision sur tout les sujets des gens du privé. Bref je vais pas te fatiguer avec tout ça mais pour moi voter Macron c’est juste donner un blanc seing au liberalisme là ou melenchon avait sur expliqué chaque detail du programme sur sa chaine et ou il avait ete soutenu par de tres nombreux expert d’ONG ou autre personnalité reconnus pour leurs apports intellectuels à l’idéologie démocratique (notamment Chomsky). Quant à voter Macron pour contrer Lepen, j’y ai pensé mais il s’est à nouveau conduit en irresponsable en disant qu’il ne voulait pas d’un vote pour faire barrage au FN mais un vote d’adhésion. Donc non, je n’irai pas légitimer ce système qui convainc de plus en plus de gens à sombrer non pas seulement dans le vote FN mais la mentalité FN. Mais j’insiste, si nous ne nous comprenons pas, bien súr que tu as le droit de penser comme tu veux. Seulement à partir du moment oú tu le dis, je pense que tu t’attends à ce que des gens qui ne sont pas de ton avis essaient de te convaincre :). Après on reste tous les deux sur nos positions et l’on se dit tous les deux: tu veux pas comprendre. Donc peut être qu’on en arrive à une impasse liée aux mécanismes de nos cerveaux qui ne peuvent faire entrer des informations que si elles sont compatibles avec celles qu’on a déjà en tête :).