Un papa et une maman

Ce billet est une adaptation d’un article écrit en anglais il y a déjà quatre ans : Marriage(tm). Le contexte est un peu différent, mais le coeur de l’idée reste le même.

Depuis quelques semaines, nous voyons monter en France une fronde que je pensais réservée aux conservateurs américains, contre le mariage homosexuel (ou son doux euphémisme, le “mariage pour tous”). Un peu décontenancé par ces manifestations que je n’attendais pas chez nous, je me suis dit qu’il serait peut-être intéressant d’en parler en Français aussi, d’une manière aussi dépassionnée que possible.

1) Les enfants

Là où le mouvement américain voulait un mariage “entre un homme et une femme”, les manifestants français mettent en avant l’aspect familial du problème, avec le slogan “Le mariage c’est un papa et une maman”. Je commencerai donc en évoquant cette préoccupation essentielle. Il me semble en effet assez légitime de se demander si le fait d’avoir deux parents du même sexe pourrait avoir des conséquences négatives sur le développement ou l’éducation des enfants. L’implication non dite du fameux slogan est, je pense, double : on se demande d’une part si les enfants grandiront heureux et équilibrés, et d’autre part si, influencés par leur modèle parental, ils seront plus enclin à “devenir” homosexuels.

Ces deux préoccupations, bien que compréhensibles à froid, me semblent réfutées par des années d’expérience empirique… et un peu de bon sens.
D’une part, je n’ai connaissance d’aucune étude sérieuse qui conclurait que les enfants élevés par des couples homosexuels seraient moins heureux que les autres. Ils sont généralement tout aussi socialement adaptés et s’épanouissent tout autant. Les exemples étant statistiquement significatifs, je pense qu’on peut raisonnablement conclure à leur validité et accepter ce consensus scientifique : l’expérience nous prouve que cette peur est infondée.
D’autre part, nous avons aussi constaté que les enfants de couples homosexuels ne sont pas plus ou moins hétérosexuels que les autres. Comme le disait avec humour une page Facebook que je ne retrouve plus, “l’orientation sexuelle des parents détermine l’orientation sexuelle des enfants, comme le prouve le fait qu’aucun homosexuel ne soit jamais né de parents hétéro”. Cette plaisanterie et cette constatation d’évidence évoque une autre vérité : on ne choisi pas son orientation sexuelle, et la sexualité des parents n’a pas pas grand chose à y voir (sinon, encore une fois, les couples hétéro n’auraient jamais d’enfants homosexuels).

Bref, même si encore une fois la préoccupation pourrait être légitime, l’idée que le couple homosexuel soit mauvais pour les enfants (et donc pour la société) me semble à écarter.

2) Le terme

Ensuite vient l’idée que je pense très répandue chez les gens les plus modérés, et qui était au coeur de mon article en Anglais : “nous n’avons rien contre les homosexuels, nous respectons et encourageons l’équité sociale, mais si un PACS ou un autre type d’union civile donne les même droits que le mariage, pourquoi aurait-on besoin d’utiliser ce terme qui nous est cher et que nous définissons traditionnellement comme l’union entre un homme et une femme ? Ce n’est qu’un mot ; ne pouvons-nous pas le garder tel qu’il est, pour nous, et utiliser pour une union plus administrative un autre nom ?”

Là encore, l’argument parait raisonnable. Le mariage, n’en déplaise aux furieux, est bien considéré comme une union hétérosexuelle dans notre société, et cette notion ne date pas d’hier. Pourquoi vouloir absolument “s’approprier” ce mot, s’il est déjà défini d’une part, et si on a les même droits avec un “autre mot” de toute façon ? Hélas les choses ne sont pas si simples, et je vais là aussi diviser cette partie en deux points.

L’amour

D’une part je pense que le mot “mariage” a un sens beaucoup plus profond que la définition que nous lui appliquons aujourd’hui. Je m’explique : il y a en tout être humain un désir profond et inné de former un couple, de trouver l’âme soeur, de partager sa vie avec quelqu’un, etc etc. Personne ne disputera cette idée, je crois, et surtout pas les défenseurs du mariage “traditionnel” : vivre à deux est inscrit dans nos gènes et / ou dans notre âme.
Il y a quelques (milliers d’) années, les institutions religieuses ont défini, normalisé et régulé ce besoin et cette union de deux personnes :  un homme et une femme. Le terme a été choisi et contraint à ce cadre, et après des millénaires de tradition, nous l’acceptons généralement comme tel.
Mais les personnes qui sont exclues de cette définition n’en ressentent pas moins ce besoin impérieux de vivre en couple et de célébrer leur amour. Ce besoin d’annoncer au monde (et à la société) la profondeur de leurs sentiments et la nature de leur union est le même que chez ceux qui peuvent utiliser le “label officiel de l’amour véritable”, c’est à dire le “mariage”. Et choisir un autre mot pour définir ce sentiment, que ce soit un PACS, une union civile administrative ou un “cérémonie de la joie et de la nature”, c’est travestir l’intention et définir cet amour comme… différent. Moins vrai, moins pur sans doute. Et certainement moins légitime.
Ce que nous constatons donc, c’est que le terme de “mariage” est au fond un “détournement” du sentiment universel que j’évoque plus haut et que nous connaissons (presque) tous. Si on caricature, on peut dire que notre société a mis une étiquette sur l’amour, et qu’elle n’autorisent que certains à l’utiliser. Les autres devront utiliser une autre “étiquette”, qui se référera mathématiquement à quelque chose “d’autre”. Quoi qu’on en dise, notre société a défini dans son histoire l’amour “vrai” avec un terme précis, et le garder jalousement ne me semble pas raisonnable.

La différence

D’autre part, il ne faut pas oublier non plus que les mots ont une portée. Un nom porte une signification qui dépasse la définition. Je prends dans mon article anglais l’exemple extrême de la ségrégation : un bus réservé aux noirs permettrait tout autant d’aller d’un point A à un point B. Pourquoi dans ces conditions vouloir absolument faire en sorte que les noirs puissent utiliser les mêmes bus que les blancs ? Si le but est de se déplacer, le “bus des gens de couleurs” accompli tout aussi bien la fonction. Là aussi, la question pourrait sembler, à froid, légitime… mais ici l’idée nous répugne.
L’analogie est grossière, presque insultante (pour toutes les parties impliquées), mais elle fait ressortir cette idée que la définition stricte n’est pas la seule finalité du terme, ni de la considération qu’en a la société. Dans le cas qui nous occupe, je pense qu’on comprendra aisément que le fait d’avoir un terme différent pour des personnes d’une “catégorie différente” porte en lui cet effet discriminant, surtout dans ce contexte sensible ou l’homosexualité elle-même est encore stigmatisée. Heureusement cette stigmatisation est beaucoup moins forte en France qu’aux Etats-Unis, mais il n’empêche : le terme que l’on choisirait, et la considération qui va avec, feront toujours référence à un “faux mariage”, un “mariage des homos”, un “mariage -1″, et il placera toujours les personnes qui n’ont pas accès au “vrai mariage” dans une catégorie… différente.

En conclusion

Reste cette conviction : je pense que les homosexuels ne s’aiment pas moins que les autres. Les obliger à appeler leur union autrement revient à leur dire que leur amour vaut moins que celui des autres. Que l’on soit d’accord avec ce résumé ou pas, et que l’on se défende de vouloir miner l’égalité des homosexuels ou pas, je pense qu’être contre le mariage homosexuel revient hélas, dans les faits, à ce résultat.

 

Post Scriptum:

Quelques mots sur l’aspect politique de la chose : j’ai souvent eu l’occasion de parler politique, sur les réseaux sociaux et ailleurs. Les discussions sont souvent animés, et la démocratie est faite de ces débats. Mais comme je le dis souvent également, la démocratie est aussi faite du respect du choix du plus grand nombre ; dans nos systèmes, on ne fait pas le choix qui contente tout le monde, on fait le choix qui contente le plus grand nombre. Et si on veut vivre en démocratie, on “accepte de l’accepter”.
François Hollande et le Parti Socialiste n’ont pas fait de secret de leur volonté d’instaurer ce mariage pour tous. Ils n’ont pas sorti cette loi d’une commission secrète, prenant le peuple par surprise. La France a voté il y a quelques mois, validant ainsi son projet pour le pays. J’estime que nous nous devons, par respect pour la démocratie, pour le peuple qui a exprimé sa volonté et par respect pour nous-même, d’accepter ce projet, même si nous sommes en désaccord avec certains des éléments qui le composent. Qu’on soit contre, pourquoi pas. Qu’on en relève les failles, qu’on en explique les dangers ou les erreurs, c’est même souhaitable. Mais qu’on exige le retrait d’une loi sur laquelle le peuple a décidé (et qui sera aussi votée par ses représentants au parlement) simplement au motif qu’elle ne nous plait pas me semble plus qu’anti-productif, ça me semble anti-démocratique.
Alors bien sûr il y a des cas où vouloir le retrait d’une loi est légitime. Parfois les circonstances économiques et sociales changent, on se sent trompé ou spolié. Mais je pense aussi qu’il y a plus de manifestations que de cas où on est légitimement “spolié”, puisque c’est toujours le peuple qui a choisi et que nous vivons en démocratie. On ne peut pas, par principe, reprocher à un gouvernement de gauche de faire une politique de gauche simplement parce que cette politique ne nous plait pas : ce gouvernement a été élu par la majorité du peuple. Pas plus qu’on ne peut reprocher à un gouvernement de droite de faire une politique de droite d’ailleurs, pour les mêmes raisons.
Bref, les détails théoriques sont discutables. Mais je pense en tous cas dans l’affaire concrète qui nous occupe aujourd’hui, où le projet était si clairement annoncé, nous nous devons d’être honnêtes et cohérents avec nous-mêmes, et d’accepter que la démocratie contente le plus grand nombre, même quand cette majorité ne nous inclue pas.

 

November 19th, 2012
  • Didier

    J’ai discuté avec quelques personnes lors de la manifestation de samedi dernier à Paris, et leur souci premier semblait être le “bien être des enfants”. Cette préoccupation est effectivement légitime et les chercheurs n’ont pas attendu pour les années 2010 pour s’y pencher.
     
    La première partie de ton billet résume très bien les résultats des études menées essentiellement aux USA au cours des 30 dernières années : pas de différences flagrantes entre les enfants élevés dans des familles homoparentales et ceux élevés dans des familles hétéros.
     
    On peut par ailleurs rappeler que les familles homoparentales existent déja, et leur reconnaissance par la loi ne peux qu’améliorer  leur stabilité juridique et sociale, ce qui semble bien aller dans l’intérêt des enfants concernés.
     
    Le site d’information Mediapart publie une série de quatre volets sur les études sur l’homoparentalité ( télécharger sur le site de l’APGL pour ceux que ça interresse : http://www.apgl.fr/actualites/item/173-mediapart-publie-une-s%C3%A9rie-de-quatre-volets-sur-les-%C3%A9tudes-sur-lhomoparentalit%C3%A9.html )
     
    En ce qui concerne le terme “marriage pour tous”, ce n’est pas un euphémisme mais un terme plus adapté que l’expression “mariage homosexuel”. Le mariage n’a rien d’homosexuel, le mariage est un contrat civil entre deux adultes consentant, qui s’engagent à suivre les règles définies par la loi. De la même façon, nos amis américains utilisent le terme “marriage equality” plutôt que “gay marriage”.
     
    Merci en tout cas pour ce billet.

  • Loconox

    Raisonnement par l’absurde à l’argument 1.
    Si la nécessité d’avoir 2 parents de sexe différents est si grande, il faudrait alors interdire l’adoption mono-parentale et interdire le divorce ! (qui est peut être plus traumatisant pour l’enfant que d’avoir 2 parents de même sexe).

  • Notstephou

    “un désir profond et inné de former un couple, de trouver l’âme soeur, de partager sa vie avec quelqu’un, etc etc” 

    etc etc = de procréer ?

    Apparemment, je fais parti du paquet “modérés”.
    Dire qu’un couple homosexuel est éligible aux mariages, c’est comme dire à un musulman qu’il est un chrétien, la croyance est la même, il n’y a que les pratiques qui changent. Les gens ne bougerons pas.

    Je ne suis pas contre le mariage pour les couples homosexuel mais je comprend pas qu’ils se battent pour si ce n’est pour cette histoire d’adoption (officiellement par deux parents) qu’offre le mariage.

  • Didier

    Je ne comprend pas l’analogie aux musulmans mais bon.

    Aujourd’hui les personnes de même sexe qui choisissent de partager leur vie ne bénéficient pas des mêmes droits que leurs homologues hétéros mariés, et cela même avec les aménagements du PACS (droit à faire venir son partenaire étranger en France, pension de réversion en cas de décès par exemple)

    Si les heteros n’avaient pas le droit de se marier entre eux, ne penses tu pas qu’ils se battaient dans ce sens ?

    Dans ton raisonnement on peut aussi se demander pourquoi les noirs américains se sont battus notamment pour le mariage mixte…

    Il est effectivement plus difficile de comprendre la discrimination quand on ne la subit pas.

  • Jyoam

    Voilà une démarche qu’on ne voit que trop peu: confronter nos idées impulsives et souvent impersonnelles à notre raison et à des preuves. Il n’y a que comme ça que l’on peut avancer et tendre vers une justice (qui, en théorie, ne connait pas l’opinion).
    En ce qui concerne le mariage homosexuel, les récentes manifestations témoignent du trop-plein d’idées conservatrices dans notre société. Seulement, cette même France est celle qui jadis défendait la peine de mort comme châtiment légitime pour ceux que la justice ne pouvait juger. Et aujourd’hui, la France porte l’étendard des droits de l’homme dès qu’elle en a l’occasion (à commencer par le droit à la vie). Qu’est ce qui a changé? Le travail juridique en la personne de R. Badinter qui, par l’abolition de la peine de mort, a permis de changer les mentalités. 
    Aujourd’hui, c’est la même chose. Changeons les mentalités en changeant la loi. C’est aussi ça le progrès, et pas seulement l’économie ou encore le développement technique.

  • DDreaper

    Bah, on ce bat pour parce qu’on y a pas droit et qu’on aimerai y avoir droit, je n’ai pas bien compris ton explication.

  • DDreaper

    Merci patrick pour cet article :) . J’avais déjà lu la “VO” de cette article, mais c’est bien en français :).
    Un autre soucis aussi, le pacs actuellement, si je ne me trompe pas, ce “signe” au tribunal et non en mairie :/  et je me vois mal inviter ma famille au tribunal…

  • notstephou

    @didier J’expliquais juste pourquoi selon moi les mentalité ne changerons pas, Patrick explique très justement que l’amour qui lit un couple hétérosexuel ou un couple homosexuel n’était sur le fond pas différent. Je fais la comparaison avec la foi qui lit l’homme et une religion, techniquement c’est toute les mêmes . Peu religieux diront qu’ils sont comme les autres, comme peu d’heterosexuel dirons qu’un couple est un couple.

  • Marc

    Pour approfondir la réflexion j’ajouterai malgré tout quelques remarques à chacun de tes 2 points :
    1. Les enfants : on est d’accord qu’être élevé par un couple homosexuel n’est pas mauvais pour les enfants.
    Ce qui m’interroge c’est si c’est gênant pour un enfant adopté d’être confié à un couple homosexuel alors qu’un autre sera confié à un couple hétérosexuel. Etant donné que l’enfant ne choisit pas, est-ce qu’il pourrait se sentir mal d’être confié à une famille différente des autres (étant donné qu’il y aura toujours peu de familles avec des parents homosexuels, enfin sait-on jamais …)… A priori je pense que non, mais malgré tout c’est une différence de traitement entre les enfants. Ceci étant les critères pour adopter sont très stricts, donc quelle que soit l’orientation sexuelle des parents on peut estimer que les enfants seront placés dans de bonnes familles.
    Bref j’en conclus qu’il n’y a pas à première vue de problème pour les enfants adoptés, mais je préférais quand même souligner le point.

    En revanche autant pour les enfants adoptés cela me paraît bien, autant j’ai très peur que le manque d’enfants à adopter entraîne la gestation pour autrui. Et sur ce point là on est d’accord qu’on touche plutôt à l’idéologie et qu’il va être difficile de raisonner les gens. Perso je pense que c’est réduire la femme à son utérus, après toutes ces années de lutte féministe je trouve ça dégradant  (y’a une véritable industrie entre les US et l’Inde à ce sujet par ex. sans compter le rapport de force pays riche > pays pauvre, c’est une nouvelle forme d’esclavagisme à mon sens). Mais je comprends qu’on puisse penser que la femme est libre de faire ce quelle veut avec son corps (hérité aussi des luttes féministes). Malheureusement je ne crois pas que les 2 camps arriveront à se mettre d’accord un jour sur ce sujet :(

    Donc j’ai un argument pour et un contre, ça aide pas à se décider :)

    2. Le terme :
    A mon avis c’est un peu naïf de penser que le mariage est là pour “valider” l’amour que se portent 2 personnes. C’est plutôt le PACS qui a ce rôle. D’ailleurs si on se contente de cette définition, on livre le flanc aux critiques disant que cela entraîne le mariage entre frères et soeurs, à 3 etc. (critiques absurdes on est d’accord)
    Pour moi c’est avant tout un contrat social qui donne des devoirs aux parents sur leurs enfants (éducation, gîte etc.) et qui protègeait les mères et les enfants.
    J’en déduis 2 choses :
    - si le gouvernement promet un mariage sans adoption, ben cela n’a aucun sens car le mariage sert pour engager les parents envers leurs enfants
    - si on autorise l’adoption, c’est naturel de donner aux parents des devoirs concernant l’éducation etc. des enfants (mais j’en reviens à mon point précédent sur la GPA :s)

    Remarque, que quand on voit le taux de divorce etc. on se rend compte que le mariage ne joue plus du tout son rôle, et il me semble qu’il faudrait plutôt proposer d’autres solutions, comme une union civile, qui pourrait exister de facto (il me semble que c’est le cas en Finlande, mais là Patrick tu seras mieux placé que moi pour en parler, je pense :)) et que l’on devrait plutôt subordonner les avantages fiscaux liés au mariage au véritable fonctionnement du dit mariage (pour le coup les enfants de parents divorcés subissent un vrai traumatisme, contrairement aux enfants de parents homosexuels !)

    Bon au final je suis hésitant, et c’est surtout ça qui me fait penser qu’on ne peut pas prendre la décision à la légère. Donc je suis plutôt de l’avis de ceux qui pensent qu’il faut organiser des états généraux de la famille pour répondre sereinement à ces questions qui vont plus loin que le seul droit des couples homosexuels à être reconnus comme de “vrais couples”.

    désolé d’avoir été si long :) et merci pour tes billets qui sont polémiques mais respectueux ! :)

  • http://twitter.com/bambou51 Bambou51

    @Notstephou Ils se battent juste pour l’application des principes de notre république. Ne sommes nous pas tous sensé être égaux ?Dans ce cas pourquoi le mariage ne serait il pas accessible à tous ?

  • tj

    Je ne suis pas homophobe mais je pretend qu’on devrait laisser ses tendances sexuelles dans sa chambres avec son partenaire. Les affiches sur la place publique n’est pas de mon sens correct et serait meme discriminant. Chacun devrait vivre sa sexualite pudiquement et dans son coin. 

    Je vais juste attaquer un pb de fond car historiquement parlant vous perdez votre temps a debattre de tout ca (je sais je debat avec vous donc je perd mon temps ;-) )… 
    Les des sont joues depuis longtemps si on se refere a l’adage qui dit que : l’histoire est un eternal recommencement. La societe occidentale est sur le declin (economiquement et structurellement) et elle sera “barbarisee” (pour reference a Rome)  par l’islam tres rapidement. Ce qui se passe pour l’homosexualite et le pour le reste des destructions des valeurs judeo-chretiennes fondatrices de notre civilisation par nos ancetres n’est qu’une etape dans ce processus, comme elle l’a ete pour la societe romaine et d’autre. Alors les manifs des uns et des autres ne sont qu’une perte ou un gain de temps dans cette inexorable auto destruction.Mon point de vue assez detache et cynique ! 

  • yohann

    http://www.youtube.com/watch?v=GTXjoCYrSpo j’ai quand même l’impression de vivre sur une drôle de planette

  • http://patrickbeja.com/ Patrick

    Je pense qu’il y aura nombre de ces braves gens qui, dans quelques décennies, auront un peu honte de ce qu’ils ont dit… :/

  • Lucb51

    Moi , je peux pas me prononcer , je sais même pas ce que c’est d’avoir des vrais parents …

  • Clément

    La réaction conservatrice d’une partie des français me
    surprend assez peu. J’ai même tendance à la trouver prévisible. Dans le sens ou
    peu importe le sujet, on trouvera toujours un groupe de personnes opposé au
    changement.

     

    Les slogans utilisés par les manifestants ont très certainement
    fait l’objet d’un important travail de réflexion. En effet, pourquoi avoir
    choisi de déporter le sujet sur les enfants alors que nous parlons du mariage
    entre adultes ? Simplement parce que ce message a plus de résonance dans
    l’opinion. Par un habile tour de passe-passe  on tente de manipuler l’opinion
    pour que sa réaction passe de « ce sont des adultes, ils font ce qu’ils
    veulent » à « oh les pauvres enfants, ils subissent »

     

    Le fait d’utiliser comme argument de refus, l’éventualité
    que les enfants d’homosexuel aient plus de chance d’être malheureux, d’avoir un
    problème de repères ou autres, est un déni de la réalité sociétal. Les enfants
    de famille monoparentale sont-ils tous bons pour les couples Psy/Pole emplois ?

    Qui plus est le simple fait de considérer que les enfants de
    couple gay ont plus de probabilités d’être eux même gay induit pour « ces
    gens » le fait que l’homosexualité est un défaut.

    Les faits que mes parents n’aiment pas les choux de Bruxelles
    fait-il obligatoirement un être bon pour le divan ?

     

    S’agissant du mot mariage n’en déplaise aux croyants, mais
    nous sommes dans un pays laïque. La notion de mariage est donc avant tout une
    notion civile, un concept républicain. Il saurait être question qu’une communauté
    ou un autre revendiquent la propriété d’un mot. Imaginez les geeks que nous
    sommes revendiquer le mot souris et imposer que le rongeur soit appelé
    autrement.

     

    Au final, je suis triste pour ces personnes. Triste, car ils
    ne sont pas capables de comprendre que leur croyance ne fait plus recette. Pas
    capable de voir que leurs lieux de culte sont de plus en plus vides. Pas
    capable de voir que le monde change est que s’ils ne prennent pas le train du
    changement, leur philosophie de vie risque de disparaître.

     

    Ils ont malheureusement oublié que le message le plus important
    de leur messie et un message d’amour.

  • http://twitter.com/jeepnet Pierre-Damien Hallé

    C’est peut-être qu’une impression, mais il me semble que les jeunes ont de moins en moins de repères. Ils sont en crise d’identité. La faute probablement à leurs parents qui mélangent tout. Aujourd’hui plus d’un mariage sur trois se fini en divorce. Certains semblent se marier à tort alors… D’autres au contraire refusent catégoriquement le mariage. Le PACS leurs suffit emplement. 

    Mon humble avis est que le mariage, pilier de notre société, est déjà mal en point. Le mariage homosexuel ébranlera encore un peu plus cet héritage ancestral. 

    Merci Patrick pour ce bon article.

  • Matthieu

    Alors, je suis tout à fait d’accord avec le post-scriptum, mais j’aimerai savoir pourquoi un discours comme celui-ci n’est pas ressorti au moment où, par exemple, Nicolas Sarkozy a voulu faire passer la retraite à 65 ans. Tant de gens dans la rue, et pourtant, représentant une minorité de la population, n’ont pas voulu se plier à la majorité. Et là, comme par hasard, personne ne leur dit rien….

  • http://patrickbeja.com/ Patrick

    Comme tu t’en doutes, je suis d’accord…

  • Nottjean

    Bonjour Patrick, je tiens tout d’abord à te dire que je te suis depuis très longtemps et que je trouve que tu fais du super boulot avec tes copains de Nowatch.
    J’ai conscience que je m’adresse ici à des gens qui son d’accord avec ton point de vue alors s’il vous plait ne me tappez pas :-). Je suis personnellement contre le mariage homosexuel car je trouve qu’il n’y a pas d’étude claire sur le comportement des enfants adoptés par un couple homosexuel et j’ai pu lire par exemple qu’un enfant avait associé la femme de ménage comme étant sa mère ou un autre qui cherchait de l’argent pour “s’en acheter une” ce que je trouve grave tout de même. Et je ne pense pas qu’on puisse se permettre de laisser une part au doute et dire “on essaye et on verra”. Voilà si quelqu’un peux m’éclairer sur ce point. Il y a aussi le point du “et après” qui me pose problème car si les couples homosexuels ont le droit d’adopter, qu’est ce qui les empêche d’avoir des enfants par insémination artificiel et autre, ce qui a mon sens dénature totalement la naissance et la vie. Mais c’est une autre question. Je précise que j’ai été élevé dans une famille chrétienne ce qui influence sûrement ma vision des choses mais que je suis ouvert a tout autre point de vue qui pourrait m’aider a éclaircir les choses. Merci.

  • http://patrickbeja.com/ Patrick

    Salut Notjean, et merci d’ “oser” venir t’exprimer ici même si tu n’es pas du même avis, je sais que ça n’est pas forcément facile et j’apprécie !

    Comme je le dis dans l’article, et sans être un véritable expert, je sais que le consensus sur la question du développement des enfants est clair : les enfants de couples homosexuels sont aussi développés, adaptés et heureux que ceux de couples hétéros. 
    Une petite recherche Google m’a donné de nombreux résultats qui semblent tous être d’accord ; je t’en livre un ici, qui réuni les conclusions de six études différentes, toutes plutôt positives. http://journalistsresource.org/studies/society/medicine/same-sex-marriage-children-well-being-research-roundup

    J’ajouterai que le sentiment relayé par ceux qui pensent que le développement des enfants seraient affecté est souvent un sentiment instinctif et brut, qui n’est pas passé par le filtre de l’analyse rigoureuse et scientifique. On pense juste, à froid, que s’il n’y a pas un père et une mère ça n’est pas “normal”, et donc que l’enfant en souffrira. Au delà de la question de la normalité, il faut aussi comprendre que nos réactions instinctives ne sont pas toujours juste, et qu’il faut se poser la question sérieusement (c’est à dire en l’étudiant de manière scientifique).

    Enfin, sur la validité du résultat de ces études, je dirais que s’il y en avaient qui arrivaient à la conclusion contraire, nous en entendrions parler régulièrement de la part de ceux qui sont contre… Le fait que personne ne les mentionne me laisse penser que nous ne sommes même pas dans une situation ou certains scientifiques pensent ceci et les autres cela (situation qui a elle aussi ses problèmes), mais bien dans une configuration où certains ont une réaction viscérale qui ne correspond pas à la réalité constatée…

    En espérant avoir un peu contribué à faire avancer le schmilblick ! :)

  • Marc

     Je me posais la même question un peu plus haut (snif personne n’a répondu d’ailleurs :( ).
    A mon avis le problème de ces études c’est qu’on n’a pas forcément le recul nécessaire, mais qu’en plus elles sont trop souvent partisanes et elles ne cherchent souvent qu’à prouver leur point de vue.
    Je te conseille la lecture de cet article qui, je trouve, réponds assez intelligemment à la question. http://www.koztoujours.fr/?p=14973 Il a notamment un exemple sur les décisions prises contre l’adoption par des couples trop âgés qui me semble pertinent.

    Ceci étant, comme je l’indiquais plus haut, ma principale réserve n’est pas au niveau de l’adoption ou de la “régularisation” d’un enfant qui vit déjà dans un couple homosexuel, mais c’est que les partisans de la loi affirment de plus en plus haut et fort que ce n’est qu’une étape vers la GPA (cf les propos de pierre bergé comme quoi un uterus peut être loué comme des bras).

    J’espère aussi avoir fait avancer le schmilblick comme dirait patrick :)

  • Francois

    En tant qu’Historien, j’ai toujours du mal à voir des personnes avoir une argumentation pseudo-historique avec autant de non sens aux yeux d’un simple étudiant de licence. Je ne dis pas que tout le monde devrait avoir une culture historique, mais se réclamer d’une telle argumentation en disant autant de bêtises me laisse sans voix.

    Evidemment que non, l’Histoire n’est pas un éternel recommencement… Il y a de fortes similitudes à première vue, je vous le concède volontiers, mais chaque fait à son contexte, qui lui est précis et répond aux normes, valeurs et moeurs d’une société. Alors faire un parallèle entre le mariage homosexuel et la destruction des valeurs judéo-chrétiennes qui ont fondée notre civilisation (je ne m’étale pas mais encore ici il y a beaucoup à redire de cela…) me semble totalement hors de propos. Encore pire, faire un parallèle entre les homosexuels et les barbares (encore ici, les barbares étant pour un romain toute personne ne parlant pas sa langue) me semble insultant, voir raciste. 
    Pour en revenir au véritable sujet qu’est le mariage homosexuel, je n’ajouterais pas vraiment ma contribution au débat, je trouve l’article de Patrick particulièrement bon (même si évidement il ne contentera que les personnes déjà acquises à sa cause et enfonce donc des portes ouvertes). Il y aurait juste un point que j’aimerais éclaircir avec Patrick, si jamais il lit ce post, ce qui ne sera probablement pas le cas, mais sait-on jamais. Il y a quelque chose qui me gène avec l’appellation “mariage pour tous”. Bien que “mariage homosexuel” ne soit pas en l’état satisfaisant, je trouve la première appellation bien trop globale, et le “tous”  me dérange un peu. Il faudrait trouver quelque chose de moins global, qui montre qu’on ne parle que de ce cas précis dans une formulation acceptable sans pour autant donner le droit au premier venu de dire qu’il a le droit de se marier avec sa chèvre parce que c’est un mariage “pour tous”. Me trompe-je ?

  • http://patrickbeja.com/ Patrick

    Autant je ne suis pas fan du terme de “mariage pour tous” parce que je le trouve un peu démago, autant je pense que pour évoquer l’idée des gens qui épousent leurs chèvres il faut avoir une vis mal visée dans la tête… Au delà de l’exagération outrancière, je dirai que “tous” c’est “tout le monde”, et que jusqu’à preuve du contraire les chèvres ne sont pas des gens. Mais cette idée est tellement ridicule…

    Pour ce qui est du commentaire sur l’Histoire, je suis par contre d’accord avec toi : TJ ne me semble avoir une très bonne compréhension du fond de ce qu’il dit, lui non plus… :)

    Et oui je lis les commentaires, comme tu le vois !

  • Francois

    Non mais je suis d’accord que l’exemple de la chèvre n’est pas forcément le plus pertinent mais c’était pour montrer jusqu’où on pouvait faire tendre l’expression, qui va pour moi très loin, trop loin. J’avoue ne pas savoir si la formulation “mariage pour tous” sera la définitive ou si elle n’est qu’une expression de départ à peaufiner lors du passage dans l’appareil législatif. 

    J’attirais juste l’attention sur ce point, qui me semble être le seul un peu flou dans ton article ! Il ne me semble pas que l’on ai encore fait la recherche du mot “juste” (si importante en matière légale pour éviter les failles, les contournements…) dans cette affaire, et je me demandais si tu avais toi même pensé à une terminologie définitive ou pas. Pour ma part, je me demande s’il ne faut pas tout simplement penser à une redéfinition du “mariage” tout simplement, au lieu de parler du mariage homosexuel ou autre. Car c’est au final le fond même du débat ! Qu’en penses-tu ? (désolé pour le tutoiement, mais je suis encore assez jeune et j’ai du mal à vouvoyer quelqu’un que je suis depuis azeroth.fr… nostalgie, nostalgie)

  • http://patrickbeja.com/ Patrick

    Je suis d’accord, nous sommes simplement en train de redéfinir le mariage. C’est pourquoi je préfère parler de mariage homosexuel aujourd’hui (pour caractériser le “changement”), et de mariage tout court à l’avenir…

  • http://twitter.com/livejtam Jérémy Tamaloult

    Excellent article Patrick. Personnellement j’ai du mal à comprendre comment on peut refuser à des gens d’être heureux surtout à partir du moment où leur bonheur ne se fait pas au détriment de celui des autres.
    Mais, j’émets juste une petite réserve pour l’adoption. Non pas que je sois contre, je suis intimement convaincu que les enfants de parents homosexuelles peuvent être au moins autant épanouis que les autres. Cela dit, je pense que nous manquons peut être de recul avec de sérieuses études scientifiques qui viendraient corroborer cette conviction. Non pas que je ressente le besoin d’être conforter dans ma conviction, mais c’est surtout pour ne pas donner du grain à moudre aux opposants.
    De plus, je pense que pour ces questions sociétales, il vaut mieux parfois y aller en douceur. Nous aurions pu accorder le mariage pour tous comme une première étape puis l’adoption lorsque cette idée d’union homosexuelle aura véritablement imprégner notre société. Car si on peut contrecarrer l’argument de dire que l’homosexualité n’est pas naturelle (elle l’est puisque personne ne serait assez fou pour choisir une orientation contre nature juste par provocation), on ne peut et ne pourra jamais contrecarrer l’argument que la nature ne nous a pas accorder, nous humains, la possibilité de créer un enfant autrement que par l’union d’un homme et d’une femme. Après, être parent selon moi ne peut pas se résumer à l’acte de procréation. Etre parent c’est avant tout aimer, éduquer et élever un enfant. Chose que peut bien entendu donner un couple homosexuelle.
    Reste qu’il n’est pas facile d’accorder un droit comme celui du mariage en l’amputant de certains des droits qui en découlent comme l’adoption.